ANNALES

DE LA

SOCIÉTÉ

M ILYÜB

(NOrVKLI.E SÉRIE)

TOME CINQUANTE - SIXIÈME

LYON

H. GEO H G, LIBRAIRE-EDITEUR

36, PASSAGE DE L* HOTEL-DIEU MÊME MAISON A GENÈVE ET A BALE

PARIS

J. -B. BAILLIÈRE ET FILS, ÉDITEURS

19, RU K II A UT K F K U ! L L R

1910

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ANNALES

DE LA

SOCIÉTÉ LINNÉENNE

DE I.VOV

Lyon. Imprimerie A. Rey et C", 4, rue Gentil. 50690

B1B JLYdm

(nouvelle série)

TOME CINQUANTE- SIXIÈME

LYON

H. G E O K G , LIBRAIRE-EDITEUR

36, PASSAGE DE l’hOTEL-DIEU

MÊME MAISON A GENEVE ET A BALE

PARIS

J. -B. BAILLIÈRE ET FILS, ÉDITEURS

19, RUE HAUTKFKUILLB

1910

TABLEAU

DES

MEMBRES DE SOCIÉTÉ LINNÉENNE

DE LYON

BUREAU POUR L’ANNÉE 1910

MM. Roman, président.

* Dr Riel, vice-président.

Dr Boy, secrétaire général.

Chaput, secrétaire adjoint.

Roux (Nisius), trésorier.

Dr Saint-Lager, archiviste-conservateur .

LISTE DES MEMBRES EN 1908

Membres actifs.

MM.

1905. Allemand, docteur ès sciences, professeur au collège de

Mauriac (Cantal), avenue de la Gare, 8.

1895. Arcelin (le Dr Fabien), rue du Plat, 4.

1906. Baillard, employé, place Morand, 12.

1895. Beauverie (Jean), docteur ès sciences naturelles, chargé de cours complémentaire de Botanique agricole à la Faculté des sciences, et quai Fulchiron, 44.

1866. Beckensteiner (Charles), rue de l’Hôtel-de-Ville, 9.

VI

TABLEAU DES MEMBRES

MM.

1901. Bonnet, docteur ès sciences, préparateur de zoologie à la Faculté des sciences, quai de la Guillotière, 1.

1907. Bellion (Mlle), docteur ès sciences, assistante au Labora¬ toire de physiologie de la Faculté des sciences, quai Saint- Clair, 8.

1892. Broelmann (Henri), à Pau (Basses-Pyrénées).

1888. Bruet, chef de section de la Cie P.-L.-M., Saint Mar¬ cellin (Isère).

1884. Bruyas (Aug.), quai des Célestins, 5.

1901. Buy (Paul), docteur-médecin, grande rue de la Croix- Bousse, 99.

1904. Carra, géologue à Ville-sur-Jarnioux (Rhône). .

1899. Caziot, commandant d’artillerie en retraite, quaiLunel, 24,

à Nice.

1898. Chanay (Pierre), négociant, rue Pizay, 5.

1906. Chaput, professeur d’Histoire naturelle au Lycée Ampère.

1900. Charnay, répétiteur général au Lycée Ampère, rue Du¬

quesne, 22.

1901. Chifflot, docteur ès sciences naturelles, licencié ès sciences

physiques, chargé d’un cours complémentaire et chef des travaux de botanique à la Faculté des sciences.

1887. Chobaut (le Dr Alfred), rue Dorée, 4, à Avignon.

1907. Clément (Hugues), étudiant en sciences naturelles, externe

des hôpitaux, quai Gailleton, 37, Lyon.

1905. Clerc (Joannès), fabricant, rue Puits-Gaillot, 27.

1906. Collet, docteur ès sciences, professeur de Minéralogie à la

Faculté libre des Sciences, rue Sergent-Blandan, 48. Combaud (Louis), docteur en pharmacie, rue Carnot, 25, à Mâcon (Saône-et-Loire).

1895. Conte (Albert), docteur ès sciences naturelles, chef des travaux de zoologie à la Faculté des sciences, rue de la Balme, 24, Montchat.

1906. Côte, négociant, rue Président-Carnot, 11.

DE LA SOCIÉTÉ LINNF.ENNE

VII

MM.

1871. Coutagne (Georges), ingénieur des poudres et salpêtres, quai des Brotteaux, 29.

1889. Couvreur, docteur ès sciences, chargé d’un cours complé¬ mentaire à la Faculté des sciences, Sainte-Foy -lès-Lyon.

1901. Darboux, professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Marseille, boulevard Perrier, 53.

1906. Dareste de la Chavanne, licencié ès sciences, préparateur de Géologie à la Faculté des sciences, rue des Remparts- d’Ainay, 15.

1889. Depéret (le D1' Ch.), correspondant de l’Institut, professeur de géologie et doyen de la Faculté des sciences, route de Sain-Bel, 23, Tassin-la- Demi-Lune (Rhône).

1897. Doncieux, docteur ès sciences naturelles, préparateur de

géologie à la Faculté des Sciences, rue Jarente, 3.

1898. Douxami, docteur ès sciences, maître de Conférences à

l’Université, rue Brûle-Maison, 159, Lille (Nord).

1882. Drivon (Jules), médecin des Hôpitaux de Lyon, avenue de Saxe, 284.

1891. Dubois (le Dr Raphaël), professeur de physiologie générale et comparée à la Faculté des sciences, l’hiver à Tamaris- sur-Mer (Yar).

1884. Faure, professeur à l’École Vétérinaire, rue d’Algérie, 11.

1906. Fay (le Dr Pierre), licencié ès sciences, chirurgien adjoint à l’hôpital Saint-Luc, place Carnot, 4.

1857. Fournereau (l’Abbé), professeur à l’Institution des Char¬ treux.

1906. Garnot, avocat, quai de la Pêcherie, 11.

1881. Geandey (Ferdinand), négociant, rue de Sèze, 11.

1851. Gensoul (André-Paul), rue Vaubecour, 42.

1903. Gérard (R.), professeur à la Faculté des sciences, rue Crillon, 70.

1907. Gérard (Marc), quai de la Guillotière, 13, Lyon.

VIII

TABLEAU DES MEMBRES

MM.

1905. Germain (Louis), attaché au Muséum, rue Coypel, 20, Paris.

1907. Gignoux, agrégé des sciences naturelles, préparateur de Géologie de la Faculté des Sciences, Grenoble.

1909. Gindre, pharmacien de lre classe, grande rue Saint-Clair, 76, Lyon-Saint-Clair.

1866. Gillet (Joseph), quai de Serin, 9.

1890. Givois, pharmacien à Vichy (Allier).

1894. Grange (le Dr Pierre), rue Terme, 18.

1907. Gromier (le D1’), à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône).

1897. Guillermond, docteur ès sciences, rue de la République, 19.

1862. Guimet (Emile), place de la Miséricorde, 1.

1869. Heyden (le baron de), à Bockenheim, près de Francfort- sur-Mein, Schlosstrasse, 54 (Allemagne).

1895. Hütinel, professeur au Lycée Saint- Rambert, quai Jayr, 19.

1909. Jacquet, orfèvre, rue Grenette, 11, Lyon.

1907. Jarricot (le Dr J.), Chef de Laboratoire à la Faculté de Méde¬ cine, cours Gambetta, 9.

1907. Kimpflin, docteur ès sciences, rue Cavenne, 13, Lyon.

1907. Lacomme (le Dr), licencié ès sciences, inspecteur dépar¬ temental d’hygiène, villa Jojo, avenue d’Edimbourg, 36, à Amiens (Somme).

1909. Lacroix- Laval (Alfred de), étudiant en sciences naturelles, Laboratoire de zoologie, Faculté des sciences, quai d’Occi- dent, 5.

1884. Lacroix (le Dr Eugène), Grande rue des Charpennes, 45.

1909. Lambert, président du Tribunal civil, Troyes (Aube), rue Saint-Martin, 57.

1868. Laval (Henri), avocat à Villefranche (Rhône).

1907. Levrat (Daniel), directeur du Laboratoire d’études de la Soie, à la Condition des Soies, cours d’Herbouville, 17, Lyon.

DE LA SOCIÉTÉ LINNEENNE

IX

MM.

1906 Locard (le Dr Edmond), quai Gailleton, 38.

1873. Magnin (le Dr Antoine), professeur à la Faculté des sciences de Besançon.

1901. Massonnat, docteur ès sciences, préparateur de zoologie à la Faculté des sciences, Lyon.

1897. Maurette (Laurent), attaché au Laboratoire de géologie de

la Faculté des sciences de Lyon.

1887. Mermier (Elie), ingénieur aux Chemins de fer fédéraux, boulevard de Grance, à Lausanne (Suisse).

1891. Michaüd, quai de la Pêcherie, 13.

1908. Molard, docteur en pharmacie, cours Lafayette, 25, Lyon.

1881. Moitier, ancien directeur du Lycée Saint- Rambert, près

Lyon.

1907. Mourier des Gayets, étudiant en sciences naturelles, à Saint -Germain-Lespinasse (Loire).

1906. Neveu-Lemaire (le Dr), professeur agrégé à la Faculté de Médecine, rue Montagne-Sainte-Geneviève, 9, Paris.

1906. Pallary, naturaliste, Eckmuhl, Oran (Algérie).

1907. Pelosse, licencié ès sciences naturelles, rue de la Bourse, 39,

Lyon.

1879. Perroud (Charles), avocat, place Bellecour, 16.

1898. Pupat, fabricant de soieries, rue Pizay, 5.

1893. Rebours, rue Godefroy, 20.

1873. Rérolle (Louis), directeur du Muséum de Grenoble (Isère).

1892. Rey (Alexandre), imprimeur-éditeur, rue Gentil, 4.

1864. Riaz (Auguste de), banquier, quai de Retz, 10.

1907. Riel (le Dr), 122, boulevard de la Croix-Rousse.

1882. Riche (Attale), docteur ès sciences, chargé d’un cours

complémentaire à la Faculté des sciences, avenue de Noailles, 56.

X

TABLEAU DES MEMBRES

MM.

1909. Rochaix (le I)r), préparateur d'hygiène à la Faculté de Médecine.

1863. Roman (Ernest), quai Saint-Clair, 1.

1892. Roman (Frédéric), docteur es sciences naturelles, prépa¬ rateur de géologie à la Faculté des sciences, quai Saint- Clair, 2.

1894. Roux (Claudius), docteur ès sciences naturelles, professeur à la Faculté libre des sciences, rue Tramassac, 2.

1873. Roux (Nisius), chemin de la Sœur-Vially, 5, Lyon-Saint- Clair.

1868. Saint-Lager (le Dr), cours Gambetta, 8.

1908. Schlesch (Hans), géologue et conchyliologiste, Stranda gervej, 24, Hellerùp (Danemark).

1890. Vaffier (le Dr), à Chânes, par Crèches (Saône-et-Loire).

1899. Vaney, docteur ès sciences, agrégé des sciences naturelles, maître de conférences de zoologie à la Faculté des sciences, rue Cuvier, 69.

1906. Yarenne (Georges), fabricant, rue de Vendôme, 68.

1898. Vermorel, ingénieur-agronome, à Villefranche (Rhône).

1902. Villard, ingénieur-agronome, Sainte-Foy -lés-Lyon.

1881. Xambeu, capitaine en retraite à Ria, par Prades (Pyrénées- Orientales).

MOEURS

ET

PAR

LE CAPITAINE XAMBEU

MÉLANGES EN TO M OL OGIQU ES

2e Fascicule1

16e MÉMOIRE

Présenté à la Société Linnéenne de Lyon.

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1. COLÉOPTÈRES

Meliria picicornis, Fab.

(Fabricius, Ent. sijst., I, p. 134.)

En Roussillon , le long de nos cours d’eau, le long des berges, des torrents, des sources d’eaux vives, en automne comme au printemps, on trouve cette Nébrie ; elle est nocturne, mais elle ne craint cependant pas de s’aventurer de jour le long des rives; c’est toujours sous les pierres, sous les galets du bord des eaux qu’elle stationne de jour ; elle est nombreuse en certaines sta¬ tions et échappe facilement par la fuite à la main qui veut la saisir.

Lors de l’accouplement, qui commence en automne, après les premières pluies, le mâle, plus petit, plus vigoureux, grimpe avec agilité sur le dos de la femelle et, aussitôt, commence la copulation, laquelle dure une journée et plus : le couple surpris en cette position s’aplatit contre le sol, il ne cherche pas tou¬ jours à se dérober.

Une fois la femelle fécondée, elle se met en état de procéder

1 Le premier Fascicule a paru dans les Annales de 1907, pages 109-170.

Soc. LINN., T. LV', 1909. 1

•2

MOEURS ET METAMORPHOSES DES INSECTES

à sa ponte, elle dissémine ses œufs sous le rebord des pierres, toujours dans les endroits humides, à l’aide de son oviducte court, membraneux, jaunâtre, armé de deux crochets à base jaune, à pointe noire et arquée, elle les enfonce très légèrement dans le sol, les recouvre d’une légère couche de terre pour les 'dissimuler ainsi aux vues des ennemis qui seraient tentés de les faire disparaître. Ces œufs, au nombre de dix à douze, éclosent une vingtaine de jours après, donnant la vie à une jeune larve vive, alerte, dont la préoccupation première sera de rechercher, pour son alimentation, les jeunes vers, les ten¬ dres mollusques qui foisonnent dans ces lieux frais, et qu’elle écharpe à l’aide de ses longues mandibules falquées ; en peu de temps, elle acquiert une partie de sa croissance, avant l’arrivée des froids, à l’approche desquels elle se terre profondément, afin d’en éviter les rigoureux effets. Au premier printemps, au réveil de la végétation, elle reprend son activité première.

Les adultes qui, pour une cause ou pour une autre, retardent leur accouplement jusqu’au printemps, hivernent à couvert de la rigueur de la température, sous des abris naturels. Il est même des femelles qui, après s’être accouplées en automne, ne procèdent au dépôt de leur ponte qu’au printemps suivant, de manière à conserver ainsi le renouvellement de l’immuable espèce ; trait digne d’admiration.

Œuf : Longueur 1 mm. 5 ; diamètre, 0 mm. 6.

Long, subcylindrique, un peu cintré, jaunâtre, lisse, imper¬ ceptiblement en travers strié, à pôles arrondis, à coquille peu résistante.

Œufs proportionnés à la taille de la mère, pondus en petit nombre, éclosant quelque temps après.

L’adulte est vif dans sa marche, dams tous ses mouvements ; il vole bien.

Cululiiut inelaiiocepliiilus, Linné.

(Dejean, Species, III, p. 80.)

Dans nos contrées roussillonnaises, le printemps et l’au¬ tomne sont deux époques marquées pour le renouvellement de cette espèce. Dès que le moment de la pariade est arrivé, les

MOEURS ET MÉTAMORPHOSES DES INSECTES 3

deux sexes se recherchent, puis s’accouplent suivant le mode habituel aux insectes de la famille des Carabiques, le mâle dessus. La longue durée de la copulation permet au mâle de vider toutes les réserves séminales, puis, à bout de forces, il se disjoint de sa femelle, pour aller non loin terminer ses jours, il rend au Créateur, en échange de sa vie, les germes de la ré¬ novation de sa propre espèce. Dès lors, commence le rôle de la femelle : elle se cherche un lieu propice pour le dépôt de sa ponte, le dessous d’une pierre, le collet d’une racine, l’enche¬ vêtrement d’une motte ; là, elle enfonce son long oviducte mem¬ braneux, à base rougeâtre et cornée, dépose un premier œuf, qu’elle dissimule dans le sol, passe à une autre partie du ter¬ rain, dépose un deuxième œuf, et continue ainsi sa ponte jus¬ qu’à épuisement complet de l’ovaire, puis meurt à son tour, après avoir assuré de ce fait le sort d’une nouvelle génération.

Suivant la température, ces œufs éclosent dix à douze jours après le dépôt, donnant la vie à une jeune larve agile, dont la préoccupation première sera de se mettre à la recherche de ses éléments nourriciers, jeunes vers, larves, mollusques.

Œuf : Longueur, 1 millimètre ; diamètre, 0 mm. 4.

Oblong, blanc terne, finement ridé, à pôles arrondis, à co¬ quille peu consistante.

Les larves qui proviennent de la génération automnale pas¬ sent l’hiver à l’abri, se transforment au printemps, donnant alors l’insecte à l’état parfait ; celui-ci s’accouple aussitôt et, de son union, donne naissance à la génération printanière ; de cette façon, la rénovation de l’immuable espèce est assurée par deux reprises successives.

Adulte : Est très commun, avec ses nombreuses variétés, en toute saison, dans nos régions pyrénéennes. On le trouve en plaine comme en coteau, tout aussi bien qu’en montagne, jus¬ qu’à l’altitude de 2.200 mètres.

Heloilet» minuta, Linné (Tournier, Dascillides, 1868, p. 31.)

Larve : Longueur 6 millimètres ; largeur 2 mm. 5.

Corps large, déprimé, consistant, brunâtre en avant, noirâtre

4

MOEURS ET MÉTAMORPHOSES DES INSECTES

en arrière, finement pointillé, couvert de soies brunes éparses, peu convexe en dessus, encore moins en dessous, large et ar¬ rondi à ta région antérieure, la postérieure un peu atténuée et courtement bifide.

Tête large, transverse, cornée, noirâtre, finement pointillée, à flancs éparsement ciliés et saillants, ligne médiane indistincte, bifurquée en deux traits droits aboutissant à la base anten- naire ; épistome confondu avec ,1a lisière frontale, labre grand transverse, finement ridé, à bords très courtement ciliés ; man¬ dibules courtes, arquées, à base testacée, à pointe rougeâtre et aciculée ; mâchoires cachées par une grande plaque sous-men¬ tonnière noirâtre, déprimée et pointillée, à milieu incisé, ne laissant apparaître que les palpes maxillaires, qui ont quatre articles, le premier court, obconique, deuxième un peu plus long, cylindrique, quatrième court, obtus, le lobe maxillaire intérieur est court, l’extérieur plus développé, frangé d’un pin¬ ceau de cils ; menton et lèvre inférieure voilés par la plaque sous-mentonnière ; antennes noueuses, très longues, rougeâtres, à nombreux articles indistincts, plus de trente, le premier glo¬ buleux, court, le deuxième un peu plus long, cylindrique, troi¬ sième et suivants courts, le bout terminé en pointe; ocelles, trois gros points cornés, saillants, disposés en triangle en ar¬ rière de la base antennaire.

Segments thoraciques larges, transverses, déprimés, forte¬ ment pointillés, le premier grand, testacé, avec taches noir⬠tres, à flancs prolongés en ilame ciliée et pointue à l’angle pos¬ térieur, deuxième et troisième plus courts, plus larges, noir⬠tres, à taches testacées avec deux points noirs au milieu du segment, à flancs prolongés en lame ciliée et pointue à l’angle postérieur.

Segments abdominaux courts, larges, transverses, déprimés, fortement ponctués, à flancs prolongés en lame ciliée et avan¬ cée en pointe à l’angle postérieur, atténués vers l’extrémité, les huit premiers avec quatre points sous-cutanés noirâtres, deux médians, deux latéraux, le neuvième très petit, rentré, prolongé par deux courtes pointes noires, cornées, parallèles.

Dessous déprimé, testacé, luisant, très finement pointillé, les segments thoraciques voilés par la masse des pattes, les seg-

MOEURS ET MÉTAMORPHOSES DES INSECTES 5

ments abdominaux noirâtres, courtement ciliés de roux, leurs flancs marqués d’une tache noire, en forme de lame prolongée à l’angle postérieur par un long cil ; segment anal bivalve à fente en travers.

Pattes très allongées, rougeâtres, testacées et ciliées, hanches obliques à base tachée de noirâtre, trochanters courts, cou¬ dés, cuisses larges, subcomprimées, tarses en forme 'de long onglet acéré, d’un vif rougeâtre.

Stigmates ovalaires, noirâtres, à périmètre déprimé, la pre¬ mière paire sur la ligne de séparation des deux premiers seg¬ ments thoraciques au-dessous des lames latérales, les suivantes au-dessus de ces lames et près du bord postérieur des huit pre¬ miers segments abdominaux.

Cette larve, dont la forme rappelle celle du groupe des Sil- phes , se fait remarquer par sa plaque mentonnière, par ses longues antennes multiarticulées, par ses flancs avancés en forme de lame, par ses pointes caudales ; elle vit sur le bord des petits cours d’eau, dans les lieux humides, sous les pierres, sous les mottes ou les briques, des nombreux vermisseaux qui grouillent dans ce milieu ; vers la mi-août, parvenue à son en¬ tier développement, elle se façonne, dans ce milieu friable, une loge oblongue elle prend position, arque son corps et, quatre à cinq jours après, a lieu sa transformation ; c’est par groupes de six à huit qu’on les trouve.

Nymphe : Longueur 4 mm. 5 ; largeur 2 millimètres.

Corps allongé, oblong, charnu, blanchâtre, luisant, finement pointillé, avec soies et cils épars, légèrement arqué, convexe en dessus, un peu moins en dessous, large et arrondi à la ré¬ gion antérieure, la postérieure atténuée et courtement bifide.

Tête affaissée, petite, arrondie, granuleuse ; premier seg¬ ment thoracique grand, cordi forme, courtement velouté, deux longues soies bulbeuses jaunâtres au milieu du bord antérieur, deux autres pareilles au bord postérieur, deuxième petit, rec¬ tangulaire, troisième un peu plus grand, même forme, à milieu incisé ; segments abdominaux subarqués, courts, transverses, finement duveteux, atténués vers l’extrémité, le dernier pro¬ longé par deux courtes pointes parallèles, jaunâtres, à bout noirâtre ; antennes arquées, reposant par leur milieu sur les

6 MOEURS ET MÉTAMORPHOSES DES INSECTES

cuisses des deux premières paires de pattes, genoux en saillie, duveteux.

Cette nymphe se fait remarquer par sa courte pubescence duveteuse, par ses longues soies thoraciques et par ses courtes pointes caudales ; dans sa loge, elle repose sur la région dor¬ sale, elle peut imprimer à son corps, en particulier à ses seg¬ ments abdominaux, de vifs mouvements défensifs ; la phase nymphale est courte, dix à douze jours au plus, et s’achève vers la fin août, époque à laquelle l’adulte, débarrassé de son envelloppe protectrice, s’échappera au dehors.

Adulte paraît en août et en septembre, sa démarche, ses allu¬ res sont très vives, il fréquente les lieux humides qui furent le théâtre de ses premiers états.

Dans ses Dascillides du bassin du Léman , 1863, p. 12, H. Tour nier a donné la description de cette larve ; quoique bonne, cette description omet certaines particularités que la nôtre complète ; de plus, cet auteur ne parle pas de la nymphe.

Dermestes parilnlio, Bilberg.

(Mulsant, Scuticalles, 1867, X, p. 50.)

Larve : Longueur 12 millimètres ; largeur 3 mm. 5.

Corps allongé, écailleux, coriace, verruqueux, couvert de longs cils diversement disposés, convexe en dessus, subdéprimé en dessous, atténué vers les deux extrémités, l’antérieure arron¬ die, la postérieure courtement bidentée.

Tête petite, arrondie, cornée, noirâtre, ponctuée, couverte de courts cils roux, ligne médiane obsolète, flave, bifurquée au vertex en deux traits aboutissant à la base antennaire ; épistome large, flavescent, bi-incisé, labre, semi elliptique, courtement frangé, à milieu échancré, mandibules courtes, arquées, noirâtres à leur extrémité qui est bidentée, rouge⬠tres à leur base ; mâchoires courtes, coudées, a lobe continu, à palpes quadriarticulés, globuleux, l’article terminal acuminé, menton grand, rectangulaire, lisse, lèvre courte, bilobée, avec palpes droits Inarticulés ; languette saillante ; antennes courtes à article basilaire annulaire, membraneux, le deuxième rou-

MOEURS ET MÉTAMORPHOSES DES IJiSECTES 7

geâtre, court, cylindrique, le troisième allongé, quatrième très réduit, noirâtre, accolé à un plus court article supplémentaire ; ocelles, un groupe disposé en deux rangées autour d’une protu¬ bérance en arrière de la base antennaire.

Segments thoraciques convexes, fortement villeux, couverts d’une plaque noirâtre, le premier un peu plus grand que les deux suivants, qui sont transverses et égaux, les poils latéraux disposés en touffes, ceux des bords postérieurs des arceaux di¬ rigés en arrière, tous rougeâtres.

Segments abdominaux convexes, granuleux, couverts d’une plaque noire, hérissés de longs poils, îles latéraux disposés en touffes, les autres dirigés en arrière, l’intervalle segmentaire lisse, atténués vers l'extrémité, qui se termine par deux courtes pointes rougeâtres parallèles, peu inclinées, et se prolonge par un long et épais pseudopode à cloaque rentré, à fente en tra¬ vers.

Dessous déprimé, jaunâtre, membraneux, couvert de cils couchés en arrière, les quatre derniers segments noirâtres ; un léger bourrelet latéral longe les flancs, servant de trait d’union aux deux régions dorsale et ventrale.

Pattes massives, courtes, rougeâtres, ciliées et spinulées, hanches courtes, épaisses, canaticulées, trochanters courts, cou¬ dés, cuisses larges, comprimées, jambes un peu moins, armées d’un fort tarse rougeâtre, aciculé.

Stigmates elliptiques, rougeâtres, à péritrème noirâtre, la première paire sur la membrane de séparation latérale des deux premiers segments thoraciques, les suivantes au-dessus du bourrelet latéral et au tiers antérieur des huit premiers segments abdominaux.

La larve de cette espèce est rurale, on ne la trouve que sous les cadavres du gros lézard ocellé et des couleuvres ; son appa¬ rition coïncide avec les fortes chaleurs, rongeant, dévorant les peaux les plus épaisses et les plus racornies des ophidiens et des sauriens ; fin juillet, à sa plus grande expansion, elle entre peu profondément dans le sol, s’y ménage une loge oblongue, dont elle lisse les parois, puis s’y transforme : elle est en assez grand nombre sur les matières nourricières.

Nymphe : Longueur, 10 millimètres ; largeur, 3 mm. 5.

8

MOEUKS ET MÉTAMORPHOSES DES INSECTES

Corps oblong, allongé, jaune paille, couvert de très courts cils roux et de très courtes spinules rougeâtres, convexe en des¬ sus, un peu moins en dessous, à région antérieure large, arron¬ die, la postérieure peu atténuée et biépineuse.

Tête petite, arrondie, affaissée, ciliée de roux, front bombé ; premier segment thoracique grand, scutiforme, couvert de cour¬ tes spinules, deuxième court, transverse, avancé en pointe vers le milieu du troisième, qui est un peu plus grand et canaliculé ; segments abdominaux courts, transverses, avec cils épars et courtes aspérités, un peu atténués vers l’extrémité, les troisième à huitième avec carène cartilagineuse rougeâtre à leurs bords antérieur et postérieur, neuvième court, arrondi, armé de deux courtes épines noirâtres redressées en avant, arquées en de¬ dans et peu divergentes ; dessous glabre, luisant, genoux sail¬ lants, antennes obliques, leur massue reposant près des genoux de la première paire de pattes.

Les spinules dont le corps est couvert en dessus, les lames dorso-abdominates et les deux pointes caudales caractérisent cette nymphe, qui est douée de mouvements défensifs très vifs et dont la phase nymphaie dure de douze à quinze jours.

Adulte : Durant tout le cours de l’été, fréquente les cadavres des couleuvres et des lézards ; n’est pas rare sur nos coteaux, rongeant sans cesse jusqu’aux parties les plus dures de ses victuailles ; arrivé l’un des derniers sur la scène de la vie, il disparaît l’un des premiers ; en effet, son apparition, com¬ mencée en juillet, se termine en septembre, quand les autres espèces de Dermestes arrivent bien avant et s’en vont bien après.

Intlireniis isnlielliuæ, Kust.

(Mulsant, Scuticolles, 1867, p. 154.)

Larve : Longueur, 4 millimètres ; largeur, 1 mm. 5.

Corps allongé, blanchâtre, charnu, couvert de longs cils rous- sâtres et de plaques transverses brunâtres, s’élargissant d’avant en arrière jusqu’au cinquième arceau abdominal, subconvexe en dessus comme en dessous, à région antérieure petite, arron-

MOEURS ET MÉTAMORPHOSES DES INSECTES 9

die, la postérieure atténuée et terminée par des houppes de longs cils.

Tête petite, orbicuilaire, cornée, convexe, brunâtre, verticale, couverte de longs poils roussâtres disposés sur les côtés en forme de houppes, ligne médiane obsolète, pâle, bifurquée au vertex en deux traits aboutissant à l’insertion antennaire ; épistome très court, transverse, brunâtre, à suture relevée, labre large, transverse, transversalement ridé, tronqué et frangé de courtes soies roussâtres, avancé et couvrant les mandibules, qui sont robustes, triangulaires, arquées, à base jaunâtre, à pointe noire et bidentée, avec faible rainurelle de séparation ; mâchoires testacées, à tige saillante, oblique en dedans, à lobe petit, droit, paraissant biartioulé ; palpes maxillaires testacés, de trois articles coniques, menton renflé, testacé, transverse, lèvre inférieure trapézoïdale, flanquée de deux très petits pal¬ pes labiaux, Inarticulés, droits ; antennes longues, grêles, testa¬ cées, (latérales, relevées vers la tête, de quatre articles, le basi¬ laire court, deuxième et troisième allongés, cylindriques, qua¬ trième séti forme ; ocelles au nombre de six points cornés, bru¬ nâtres, disposés en arrière de la base des mandibules, quatre petite en première rangée, deux plus gros en dessous.

Segments thoraciques blanchâtres, convexes, transversale¬ ment striés, s’élargissant d’avant en arrière, garnis de longues soies roussâtres, les unes très déliées, les autres moins, le pre¬ mier un peu. moins large que la tête à son bord antérieur, plus long que chacun des suivants, entièrement recouvert d’une pla¬ que lisse, brunâtre, transversalement sillonnée à son tiers an¬ térieur, avec ligne médiane obsolète pâle, commune aux deuxième et troisième segments, lesquels sont plus larges, lis¬ ses et couverts d’une plaque courte, transverse, de couleur plus claire.

Segments abdominaux convexes, courts, larges, transverses, s’élargissant insensiblement jusqu’au cinquième pour s’atté¬ nuer en s’arrondissant vers l’extrémité, avec ligne médiane ob¬ solète pâle commune au sept premiers segmente, les cinq pre¬ miers couverts d’une plaque brune, courte, transverse, en tra¬ vers striée, de plus en plus rembrunie jusqu’au cinquième, dont les angles postérieurs se prolongent en pointe, sixième et

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septième plus longs, moins larges, avec plaque à fond plus clair, à angles postérieurs prolongés aussi en pointe, huitième court, arrondi, à milieu couvert de courtes aspérités noires, neuvième rétracté et invaginé dans le précédent ; les bords postérieurs des quatre derniers sont garnis de petites aspérités du fond desquelles émergent les longs poils roussâtres dont est couverte la larve.

Dessous charnu, blanc de lait, très courtement cilié de roux, les segments abdominaux courts, transverses et renflés, se ter¬ minent par un mamelon bituberculeux à fente longitudinale ; un léger bourrelet, plus sensible à la région thoracique, longe les flancs, qui sont blanchâtres et dilatés.

Pattes longues, latérales, garnies de nombreux cils roux, hanches renflées, à base ponctuée de rougeâtre, très longues, blanchâtres, trochanters courts, coudés, cuisses et jambes sub¬ comprimées, ces dernières grêles, spinuleuses, terminées par un court onglet acicuté, rougeâtre.

Stigmates petits, ovalaires, flaves à péritrème roussâtre, la première paire au bord postérieur du premier segment thora¬ cique, sous le bourrelet latéral, les suivantes au-dessus de ce bourrelet et au tiers antérieur des huit premiers segments ab¬ dominaux.

Les membranes d’intersection des anneaux sont blanchâtres, le corps paraît annelé de cette couleur ; îles poils dont le corps est couvert, disposés isolés ou par fascicules, sont ou courts ou longs, les uns droits, les autres couchés, un peu plus ou un peu moins effilés.

Cette larve, dont la forme rappelle celles du genre, se fait remarquer par sa couleur blanchâtre, sa consistance molle et par ses soies roussâtres ; son existence en -pleine campagne, au fond des nids d’araignées, dont elle dévore les dépouilles, lui est aussi particulière ; sa marche ne se fait pas, comme chez les autres espèces du genre, par soubresauts, par à-coups, sa pro¬ gression est vive, mais continue. Dans les lieux élevés nous l’avons prise, elle n’est pas bien abondante, à en juger par le petit nombre d’insectes parfaits que l’on y trouve ; c’est sous les pierres, sous les buissons, sous les touffes d’herbes ou dans les nidifications souterraines des araignées qu’habite la larve,

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dont les plaques et les poils sont roux, à l’exception de la pla¬ que du cinquième arceau, qui est brune.

Dans les élevages, ne pas introduire des jeunes araignées avec les larves que il’on mettrait ainsi en mauvaise posture.

Byrrlius pyrenaeus, L. Dufour.

(MuiLsant, Pilulif ormes, 1869, I, p. 51.)

Larve : Lougueur, 14 millimètres ; largeur, 2 mm. 5.

Corps fortement arqué, subcoriace, rougeâtre, lisse et lui¬ sant, imperceptiblement pointillé, couvert de cils roux, con¬ vexe en dessus, déprimé en dessous, à région antérieure arron¬ die, la postérieure tronquée.

Tête assez grande, cornée, rougeâtre, transversalement ova¬ laire, ridée en travers, avec courts cils roux sur son pourtour, ligne médiane obsolète, marginée de noirâtre, bifurquée au vertex en deux traits onduleux, aboutissant à la base anten- naire, quatre petites fossettes sur le disque ; épistome large, transverse, à milieu caréné, labre semi-elliptique, courtement frangé ; antennes courtes, latérales, membraneuses, de trois articles rétractiles, le premier court, tronconique, deuxième beaucoup plus long, cylindrique, troisième petit, avec court article supplémentaire à sa base intérieure ; ocelles, trois petits points noirs disposés en triangle en arrière de la base anten- naire, deux autres au-dessous de cette base.

Segments thoraciques rougeâtres, subcornés, fortement con¬ vexes, avec cils latéraux, le premier très allongé; finement pointillé, un peu moins large que la tête, margîné de noirâtre au bord postérieur, deuxième et troisième beaucoup moins longs, avec marge postérieure noirâtre, fossette latérale et ligne médiane flave.

Segments abdominaux fortement arqués, convexes, lisses, transverses, un peu moins rougeâtres que les précédents, avec marge postérieure brunâtre, à flancs incisés, ciliés et relevés en un bourrelet membraneux, segment anal grand à bout tron¬ qué, à flancs ciliés et bifovéolés et taches sous-cutanées rou¬ geâtres.

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Dessous déprimé, un peu plus pâle qu’en dessus, un double bourrelet latéral longe les flancs.

Pattes courtes, blanchâtres, ciliées, avec spinules et onglet tarsal rougeâtre, aciculé.

Stigmates petits, elliptiques, flaves, à péritrème roussâtre, à leur place normale.

Les organes non décrits, comme dans la larve du B. Kiesen- wetteri, que nous venons de décrire, et avec laquelle, en dèhors des traits signalés ci-dessus, elle a la plus grande analogie, comme elle aussi, elle vit sous les couches épaisses des mous¬ ses qui tapissent les bois, les rochers dans les lieux montagneux de nos Pyrénées ; elle a été trouvée à Luchon par M. A. Nico¬ las, à la générosité de qui nous la tenons ; en juillet, arrivée à sa pleine expansion, elle se façonne une loge oblongue dont elle lisse îles parois, et s’y transforme.

Nymphe : Longueur, 11 millimètres ; largeur, 4 millimètres.

Corps oblong, charnu, épais, blanc jaunâtre, strié en tra¬ vers, avec courts cils épars, convexe en dessus, un peu moins en dessous, à région antérieure étroite, arrondie, la postérieure atténuée et biépineuse.

Tête petite, arrondie, affaissée, lisse et luisante, disque in¬ cisé, labre avancé en forme de museau tronqué, deux courts cils subbulbeux sur les côtés de l’épistome, deux autres sur les joues et deux un peu plus accentués sur le bord postérieur de la tète ; premier segment thoracique sécuriforme, à angles postérieurs très saillants, à ipourtour garni de courts cils, à mi¬ lieu en long incisé, marqué de taches sous-cutanées noirâtres, deuxième court, transverse, triangulairement incisé, le milieu relevé en deux lobes, troisième court, transverse, milieu cana- liculé, à bord postérieur marginé de noirâtre ; segments abdo¬ minaux un peu relevés, courts, transverses, atténués vers l’ex¬ trémité, le bord postérieur des huit premiers relevé en courte lame brunâtre, leurs flancs tuméfiés et garnis d’une touffe de trois à quatre ou cinq cils, les huitième et neuvième à flancs ciliés ont leur milieu relevé par une lame longitudinale ; le dernier est, de plus, armé de deux courtes pointes espacées, rougeâtres, à pointe acérée et arquée en dedans ; dessous gla¬ bre ; du segment anal émergent deux mamelons proéminents ;

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antennes granuleuses, obliques, leur bout reposant près des genoux de la première paire de pattes, genoux des trois paires rembrunis.

Cette nymphe repose dans sa loge sur la région dorsale, elle peut imprimer à ses segments abdominaux de légers mouve¬ ments défensifs ; la phase nymphale a une durée de quinze à vingt jours, puis l’adulte s’échappe de cette épaisse couche de mousse qui avait si bien abrité les phases successives par les¬ quelles il était passé.

Adulte : N’est pas rare en juillet, dans les parties monta¬ gneuses des environs de Luchon ; on le trouve sous les pierres, sous les mousses, sur les rochers.

JByrrlius kiesenwetteri, Bris.

(Mutsant, Pilulifomies, 1869, V, p. 78.)

Larve : Longueur, 14 millimètres ; largeur, 3 mm. 5.

Corps jaunâtre, coriace, arqué en demi-cercile, lisse et lui¬ sant, finement pointillé, couvert de courts poils roux épars, fortement convexe en dessus, déprimé en dessous, arrondi à la région antérieure, la postérieure bilobée.

Tête affaissée, transversalement ovalaire, rouge de brique, marquée de gros points, avec fines rides en travers et courts cills ; ligne médiane obsolète, bifurquée au vertex en deux traits indistincts aboutissant à la base antennaire ; lisière fron¬ tale noirâtre, à milieu échancré en regard de l’épistome qui est court, transverse, noirâtre, à milieu en travers incisé, labre court, noir, semi-elliptique, frangé de courts cils ; mandibules courtes, fortes, larges, à base jaunâtre, à large pointe noire dentée et légèrement incisée ; mâchoires larges, courtes, cou¬ dées, jaunâtres, avec incision noire à la base du lobe qui est court, cylindrique, à bout ciilié, palpes jaunâtres, annelés de noirâtre, de quatre articles obconiques ; menton court, trans¬ verse, lèvre large, bilobée, avec palpes droits biarticulés, l’ar¬ ticle basilaire obconique, le terminal acuminé ; languette à mi¬ lieu échancré, par suite bilobée ; antennes courtes, rétractiles,

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à premier article membraneux, les suivants jaunâtres ; ocelles, trois gros points ocellaires au-dessous de la base antennaire, deux autres en dessous.

Segments thoraciques fortement convexes, éparsement ciliés, le premier corné, rougeâtre, diversement incisé, fortement ponctué, très développé, un peu plus large que la tête, à an¬ gles arrondis, les deuxième et troisième courts, jaunâtres, transverses avec marge postérieure noirâtre, ridés en travers, avec fovéole latérale et ligne médiane commune aux segments suivants.

Segments abdominaux arqués, fortement convexes, courts, transverses, jaunâtres, avec bande postérieure noirâtre et trait médian brun transverse, à flancs fovéolés, les huitième et neuvième plus larges, plus accentués en couleur, plus co¬ riaces, ce dernier à bord postérieur tronqué, puis bilobé en dessous.

Dessous déprimé, de couleur plus pâle, avec plus courts cils, les segments abdominaux bi-longitudinalement incisés, par suite formés de trois rangées de mamelons ciliés, huitième en¬ tier, sans incisions ni mamelons, neuvième brunâtre avec cloaque rentré et fente en forme d’Y : une forte incision longe les flancs, marquant la ligne de séparation des deux régions dorsale et ventrale.

Pattes courtes, latérales, jaunâtres, courtement ciliées, han¬ ches fortes, canaliculées, trochanters courts, coudés, cuisses amples à bout élargi, garnies d'une double rangée oblique de courtes spinules rousses, jambes courtes, coniques avec spi- nuiles éparses, tarses en forme de fort onglet rougeâtre, acéré.

Stigmates petits, brunâtres, à péritrème elliptique et flave, la première paire sous le bourrelet latéral et sur la membrane de séparation des deux premiers segments thoraciques, les suivantes au-dessus de ce bourrelet et en retrait d’une exca¬ vation au milieu environ des huit premiers segments abdo¬ minaux.

La couleur, la ponctuation, les traits divers dont le corps est couvert différencient cette larve qui a beaucoup de rapports communs avec celles connues du genre : elle vit sous la couche épaisse des mousses qui recouvrent les rochers dans les lieux

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montagneux de nos Pyrénées ; lorsque arrive l’époque de sa transformation, elle se ménage une loge dans le lieu même elle se trouve et s’y transfigure.

Nymphe : Longueur, 15 millimètres ; largeur, 5 millimètres.

Corps allongé, oblong, charnu, jaunâtre, glabre ou à peu près, finement réticulé, convexe en dessus, subdéprimé en des¬ sous, étroit et arrondi à ,1a région antérieure, la postérieure atténuée et biépineuse.

Tête petite, arrondie, affaissée, disque bi-impressionné, labre avancé en forme de museau ; premier segment thoracique grand, s’élargissant d’avant en arrière, ridé puis réticulé, avec ligne médiane excavée, quelques légers cils sur les côtés, deuxième court, transverse, triangulairement en son milieu incisé, troisième même forme, un peu plus large, transversale¬ ment incisé ; segments abdominaux atténués vers l’extrémité, les six premiers courts, larges, transverses, leurs flancs légè¬ rement ciliés et avancés au bord postérieur en une petite apo¬ physe conique, septième et huitième rectangulaires, ridés, à flancs incisés, neuvième arrondi incisé sur ses côtés, surmonté ainsi que les septième et huitième, d’une légère carène mé¬ diane, prolongé à ses côtés par une courte épine rougeâtre, à bout pointu et noirâtre à base accolée à un (long cil roussâtre ; dessous subdéprimé, luisant, huitième segment abdominal chargé d’une forte apophyse binoduleuse dont le bout couvre la fente anale ; antennes granuleuses, obliques, leur bout re¬ posant près des genoux de la première paire de pattes, ge¬ noux des trois paires peu saillants, jaunâtres, ambrés de noirâtre.

C’est en août qu’a lieu la transformation en nymphe dans une loge façonnée par la larve sous le couvert des mousses qui recouvrent les rochers des forêts.

Adulte : N’est pas bien rare aux montagnes du Caillaou et de Canrec, à l’ouest de Ria, et, fait particulier, à l’est de Ria, au Canigou on y trouve le D. signatus, sans que jamais il nous ait été donné d’observer ce dernier à l’ouest : ces deux espèces ne se confondent donc pas, quoique habitant à des al¬ titudes similaires, de 1.500 à 2.000 mètres.

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& ;jcj loeSiirn flavo-maculnta, Fab.

(De Marseul, Mon. Buprest., 1865, p. 177.)

Œuf : Longueur, 1 mm. 5 ; diamètre, 0 mm. 6.

Long, ovoïde, blanchâtre, luisant, finement pointillé, à pôles arrondis, à coquille assez consistante.

Pondus au nombre de 25 à 30, ces œufs sont conduits par l’oviducte corné, bivalve de la mère, sous les écorces des troncs de pin mort ou dans les interstices du bois ; ils éclosent une quinzaine de jours après leur dépôt, donnant la vie à une jeune larve dont la préoccupation première sera de se mettre à cou¬ vert dans le bois, sous la protection de la coquille, et de man¬ ger son chemin en pratiquant une galerie qui lui donnera dès lors le vivre et le couvert.

C’est en août et en septembre, pendant la grande chaleur du jour, entre 10 heures du matin et 2 heures du soir, sur les troncs de pin, de préférence ceux couchés sur le sol, que les deux sexes se recherchent ; leur vol est puissant et bien sou¬ tenu, le mâle, beaucoup plus petit que la femelle, fond sur elle, l’étreint et, aussitôt, a lieu le rapprochement ; le couple, sans quitter sa place, reste uni tant que n’existe pas de sujet de crainte, un rien peut causer leur désunion ; à la tombée de l’astre solaire, les deux sexes se séparent, dès lors la femelle est fécondée, il ne lui reste plus qu’à déposer sa ponte, ce qu’elle fait dès le lendemain.

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